Conception collaborative et Systèmes d’Information : le projet Isocèle

Comment améliorer la performance des entreprises dans le domaine de la conception collaborative ? Les résultats du projet Isocèle, (Ingénierie des Systèmes d’information Ouverts pour la Conception collaborative dans l’Entreprise virtuelLE) et le témoignage de Thierry Balle, PDG d’Antecim et partenaire industriel du projet.

Responsable du projet
- Eric Blanco, Laboratoire G-SCOP, INP Grenoble

Durée du projet
- 2003-2006, financé par la région Rhône-Alpes

Au sein des entreprises étendues, de nouvelles pratiques de travail collaboratif se sont développées qui nécessitent des Systèmes d’Information plus adaptés et donc plus performants. Ils permettront, entre autres, de mieux gérer la complexité du travail collaboratif qui aujourd’hui se décline selon plusieurs niveaux interdépendants :
- le niveau inter-entreprises dans le cadre d’un projet
- le niveau inter-métiers au sein du projet
- le niveau intra-métier dans un cadre multi projets

Les objectifs du projet Isocele

Comment améliorer la performance des entreprises dans le domaine de la conception collaborative ? Telle était l’ambition du projet Isocèle qui a réuni plusieurs équipes de Recherche de la Région Rhône-Alpes de 2003 à 2006. L’objectif principal était de définir des outils novateurs et des méthodes originales destinés à spécifier, construire et mettre en oeuvre des systèmes d’information dédiés à la conception collaborative. Pour ce faire, de nouveaux modèles ont dû être établis afin de permettre aux acteurs de qualifier les informations échangées entre clients et fournisseurs et, ce, en s’appuyant sur une connaissance préalable des modèles de collaborations dans lesquels ils étaient engagés.

Les résultats du projet

Les résultats du projet concernent principalement trois niveaux :
- le niveau Inter-entreprise :
Les donneurs d’ordre impliquent de plus en plus tôt leurs fournisseurs dans la conception de leurs produits. Quelles sont les caractéristiques de ces nouvelles relations et quels sont les nouveaux besoins en matière de systèmes d’information pour supporter ces évolutions dans la collaboration ? Le projet a posé les bases d’un guide méthodologique pour mener à bien cette réflexion au sein d’une en treprise.
- le niveau Inter-métiers
Les informations échangées par les acteurs de la conception ne sont pas toutes du même niveau de maturité. Le travail propose des modèles pour prendre en compte et gérer l’incertitude des données de conception à travers des indicateurs de maturités. La modélisation des processus de diffusion des informations et les indicateurs de maturités associés permettent d’identifier les informations critiques et de proposer des stratégies de coordination entre acteurs adaptées. Le démonstrateur informatique PIQUANT illustre cette démarche de spécification.
- le niveau Intra-métiers
Le partage des informations supports aux activités (normes, routines de calcul, références, etc..) est un élément important de la capitalisation. Les modèles proposés visent à capitaliser ces documents, à les rendre accessibles et à gérer leur maturité à travers les traces d’usage (qui l’utilise, pour quelle tâche, dans quel projet, à quel moment). Ces descripteurs permettent, outre le fait de les retrouver facilement, d’identifier les experts de chaque domaine et les compétences générales de l’entreprise sur un sujet donné. La démarche a été implémentée dans un outil informatique (Kalis) utilisé dans une PME partenaire du projet.

Le partenariat Recherche-Industrie

Cinq laboratoires de la Région Rhône-Alpes ont contribué au projet Isocèle de 2003 à 2006 : G-SCOP, CERAG, LIG, LIRIS. La volonté d’associer des entreprises dès l’origine du projet a permis la mise en place de partenariats réels et profitables pour tous les acteurs, qu’il s’agisse de partenaires associés (terrain d’analyse, d’observation et d’intervention) ou de partenaires sensibilisés à ces thématiques (journées d’échanges régulières) : Schneider Electric, ANTECIM, EDF R&D, CTDEC, EADS. Deux thèses Cifre en lien direct avec le projet et une collaboration de longue durée entre un chercheur et un donneur d’ordre concrétisent les liens tissés entre Recherche Académique et monde de l’entreprise.

Le témoignage de Thierry Balle, PDG d’Antecim

"Les prestations d’Antecim s’éten dent de la réalisation d’une étude ou d’un calcul sur cahier des charges, à la maîtrise d’oeuvre d’un projet complet impliquant calculs, essais et conception. Actuellement, la société se développe et renforce ses compétences en conception grâce au récent rachat de DBEI, un bureau d’études mécaniques de la région grenobloise. L’ensemble comporte une quarantaine de personnes, ingénieurs mécaniciens pour la plupart, et a su fidéliser au fil du temps un certain nombre de clients tels que Pomagalski, EDF, Alstom, PSA mais aussi de nombreuses PME.

Notre implication dans le projet a été bénéfique tant pour l’entreprise que pour les laboratoires. Nous avons offert un terrain de compréhension de nos besoins industriels. Quant à eux, les laboratoires ont pu définir des axes de recherche, développer de nouveaux outils tels que Kalis et surtout nous apporter une prise de recul sur nos processus d’ingénierie. Aujourd’hui, les outils et méthodes de travail qu’ils nous ont proposé sont déployés dans notre entreprise et accompagnent nos ingénieurs dans la réalisation des projets avec nos clients.

Cette collaboration a eu un impact fort sur nos méthodes de travail et renforce la dynamique d’amélioration continue au sein de l’entreprise. L’adéquation entre les méthodes de recherche et nos activités quotidiennes nous conduiront à nous impliquer à nouveau dans les projets futurs."